Jeudi 07 Février 2007  
Discours du Ministre d'Etat, Ministre des Postes et Téleommunications à l'occasion de la sortie solennelle des étudiants de l'ENSPT promotion 2003/2005
Messieurs les Ministres ;
Messieurs les Chefs des Missions Diplomatique ;
Monsieur le Gouverneur de la Province du Centre ;
Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé ;
Monsieur le Secrétaire Général du Ministère des Postes et Télécommunications;
Messieurs les Directeurs Généraux ;
Messieurs les Directeurs ;
Autorités Administratives ;
Distingués Invités ;
Chères Etudiantes et Chers Etudiants ;
Mesdames et Messieurs.

La cérémonie qui nous unit aujourd’hui est celle de la rencontre de l’Ecole et de l’entreprise. C’est à l’initiative de l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications qui a baptisé ce grand rendez-vous Journées ENSPT/INDUSTRIE.

L’objectif visé est, du côté de l’Ecole, une plus grande prise en compte des attentes et des besoins de l’Entreprise dans ses cursus et, du côté de l’entreprise, une meilleure connaissance de l’ENSPT. Donc, durant trois journées, l’Ecole et l’Entreprise vont se rapprocher, dans un même espace, pour apprendre à se connaître et à se donner la main. Car, comme il vient d’être dit par le Directeur de l’ENSPT, l’Ecole et l’Entreprise et de surcroît une Ecole de formation professionnelle, sont faites pour être ensemble. Elles ont besoin l’une de l’autre.

La finalité d’une école de formation professionnelle est de former des étudiants pour le monde du travail et donc de l’entreprise, au travers d’une gamme de cursus. Or les techniques et les pratiques professionnelles sont vivantes, dynamiques. Seule la relation entre l’entreprise et l’Ecole est de nature à permettre à cette dernière d’intégrer cette réalité dans son enseignement pour être en phase avec les évolutions techniques et organisationnelles.


Mesdames et Messieurs,

Dans un contexte de chômage de masse le diplôme reste globalement une arme contre le chômage, même si la nature du cursus suivi induit de nombreuses disparités. Cependant dans le climat actuel le diplôme n’est plus la seule valeur prise en compte par les employeurs qui s’intéressent également à d’autres critères comme le niveau de professionnalisation du candidat.

Conscient de cet état de chose, le gouvernement dans sa politique de lutte contre le chômage des jeunes, soutient l’effort des écoles de formation professionnelle et technique telle que l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications, qui délivre des diplômes construits sur des cursus professionnalisants et offrant à leur détenteurs, la possibilité de mieux s’insérer dans le marché du travail.

Il est évident que l’Etat ne pourra pas indéfiniment supporter le coût des formations que les Ecoles entendent promouvoir et développer. Les entreprises se doivent de contribuer à donner aux Ecoles les moyens à délivrer des formations de très grande qualité. Mais il ne faudrait pas que les établissements d’enseignement supérieur se contentent de tendre leur sébile aux entreprises en disant « voilà, il faut que vous nous donniez de l’argent si non on va mourir, l’Etat est pauvre, il ne peut plus financer nos projets de développement, mais en retour, n’attendez rien de nous ». ça c’est le « charity business » qui ne peut durer longtemps.

D’ailleurs, on aurait du mal à comprendre, comment, à chaque fois, on peut se défendre auprès d’un Conseil d’Administration d’avoir décaissé de l’argent parce que l’on veut soutenir telle ou telle école sans rien en échange.

On pourrait tout aussi avoir du mal à comprendre comment l’Entreprise peut avoir un avenir sans la formation et la recherche et comment un établissement d’enseignement supérieur professionnel et de recherche peut avoir un avenir sans le concours des entreprises. Ça me semble complètement impossible.


Un établissement d’enseignement supérieur professionnel est un établissement qui forme, que ce soit par la formation initiale ou la formation continue, des hommes et des femmes qui iront travailler dans des milieux professionnels d’entreprise. Comment l’entreprise survit-elle, si elle n’a pas des ressources humaines bien formées et qui doivent continuer de se former ?

Donc l’Ecole et l’Entreprise ont besoin l’une de l’autre. Mais il faut que les deux arrivent à un partenariat bien construit et non simplement à quelque chose de relationnel, d’artisanal.

Dans une intensification de la concurrence, il faut passer du stade artisanal, relationnel à un stade « industriel » du partenariat, où chacun des partenaires tire son épingle du jeu. Il existe, à mon sens des solutions pour que l’Ecole et l’Entreprise soient de réels partenaires, pour que la relation entre l’Ecole et l’entreprise soit une relation gagnant-gagnant :

Je vois :
- une plus grande ouverture de l’Ecole vers les entreprises ;
- une présence réelle de l’entreprise sur le campus ;
- des innovations sur les cursus, la pédagogie, sur les diplômes, par l’implication de l’Entreprise dans la formation et les choix des sujets d’enseignement ;
- une participation aux recrutements des candidats ;
- la conduite, ensemble, des projets de recherche.

En agissant ainsi, l’Ecole et l’Entreprise s’engageraient dans une relation tous bénéfices pour les deux parties.

A cet égard, je voudrais relever, pour m’en féliciter, qu’un certain nombre d’entreprises et d’associations sont déjà engagées dans une relation formalisée de partenariat avec l’ENSPT.

Il s’agit, sans toutefois être exhaustif de :
- MTN-Cameroon ;
- EXPRESS-UNION SARL ;
- AGRO-PME Fondation;
- LABOTEL ;
- ADCOME.
Nous allons, dans quelques instants, procéder à l’inauguration d’un Laboratoire Multimédia, mis en place à l’ENSPT grâce au concours appréciable de MTN-Cameroon et l’Association pour le Développement, la Communication et l’Environnement (ADCOME).

Ce laboratoire va pouvoir permettre aux étudiants de cette institution, ainsi qu’à leurs enseignants de profiter de l’extraordinaire masse de ressources disponibles sur le Web.

Ce centre d’accès à l’information et à l’Internet joue, en milieu scolaire, le même rôle que les Télécentres Communautaires Polyvalents pilotés par mon département ministériel en milieu rural. Cela est une illustration du partenariat entre le secteur public et le secteur privé, prôné par le Président de la République. Le Gouvernement encourage des initiatives comme celles-là.

J’exhorte donc les autres entreprises à s’engager dans cette voie.

Mesdames et Messieurs

Sur un autre plan, nous allons procéder à la remise solennelle des parchemins à une promotion d’élèves, à 348 élèves exactement, sortis des fonds baptismaux de l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications.

Comme c’est palpitant ! Car en effet, la sortie d’une promotion est toujours un moment exaltant. Pour le formateur, c’est la fin d’une longue période de prise en charge du formé. Pour le formé, c’est la fin d’une longue période d’efforts et parfois de stress. Les deux vont alors fêter la satisfaction du devoir accompli. Mais je crois que la fête est aujourd’hui beaucoup plus celle du formé.

Chers lauréats ! nous partageons votre joie. Depuis de long mois, vous attendiez cet instant. C’est une issue remarquable et nous sommes heureux de pouvoir nous réjouire avec vous de cette issue remarquable.


Le parchemin que vous allez recevoir dans quelques instants est la validation d’un acquis professionnel qui vous permet d’envisager l’avenir avec optimisme. Et comme dit le proverbe : « un métier bien appris vaut mieux qu’un gros héritage », ce parchemin vous ouvre la porte de sortie vers le monde du travail. Je vous encourage à être persévérant en évitant des pratiques et des raccourcis qui ne peuvent que dévaloriser votre parchemin.

Aux promotions encore en formation, je recommande discipline, endurance au travail et quête permanente de l’excellence pour que d’ici à quelques mois, nous soyions entrain de fêter, aussi, leur sortie.

Mesdames et Messieurs

Je vous remercie.